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    Berbère, passé, présent et avenir

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    samah moujane

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    تاريخ التسجيل : 01/04/2011
    العمر : 34

    Berbère, passé, présent et avenir

    مُساهمة  samah moujane في الجمعة أبريل 01, 2011 3:56 pm


    Les origines d’une langue

    Par le passé, et aujourd'hui encore, dans une certaine mesure, la question de l'apparentement de la langue berbère a été sous-tendue par des considérations beaucoup plus idéologiques que scientifiques.

    C'est ainsi qu'on a attribué les ancêtres les plus divers à cette langue : sémitique, égyptien, phénicien, arabe, indien, latin, grec... L'objectif avoué ou non, a souvent été de rattacher les Berbères et leur langue à des civilisations et à des cultures exogènes pour leur ôter toute originalité et, partant, pour justifier leur domination.. .
    L'un des principaux apports de la linguistique moderne est d'avoir montré qu'une langue est une réalité vivante qui ne cesse d'évoluer. C'est l'évolution qui fait, qu'au cours des siècles, la langue change et que les textes datant des époques lointaines sont difficilement accessibles aux usagers contemporains.

    Les couches
    Si, dans le domaine berbère, les textes libyques sont aujourd'hui si difficiles à déchiffrer, c'est parce que nous ignorons une grande partie du vocabulaire libyque et que les seuls mots que nous pouvons expliquer sont ceux dont le sens est donné par des traductions latines ou puniques ou pour lesquels il existe des pendants berbères actuels.
    Et encore, seuls les spécialistes de la langue et le public averti peuvent établir, à cause des altérations que les mots ont subi, des rapports entre les mots anciens et nouveaux.
    Le vieux fonds libyque peut être également saisi dans la toponymie - les noms de lieu- et l'onomastique -les noms de personnes- anciennes dont un grand nombre d'éléments ont à peine changé depuis 2000 ans et qui peuvent également s'expliquer par le berbère moderne.
    Les ressemblances relevées sont suffisamment nombreuses pour poser de façon certaine la filiation entre le libyque et le berbère actuelle. Autrement dit, le berbère actuel est le descendant direct du libyque.

    Les familles de langues
    Si on disposait, en berbère, comme c'est le cas dans d'autres langues, de documents écrits plus anciens encore que ceux de l'Antiquité, on pourrait aisément remonter dans le temps et atteindre les états antérieurs de la langue et même en retrouver la forme première, c'est-à-dire antérieure à la diversification dialectale.
    Mais celle-ci a dû se produire à une période très éloignée où les hommes n'utilisaient pas encore l'écriture. On ne saura donc décrire l'état primitif de la langue parlée par les anciens Berbères, mais on peut supposer que c'est cette langue qui est à l'origine des dialectes berbères, aussi bien anciens que modernes.
    On peut supposer aussi que les dialectes ne dérivent pas directement de la langue primitive mais de branches de cette langue et même de langues déjà constituées, ce qui expliquerait les divergences, parfois très fortes, qui existent entre les dialectes actuels, mais le tronc reste le même et l'existence, en dépit des divergences, de structures communes, à tous les niveaux, a été démontrée, à plusieurs reprises.
    On peut supposer encore que cette première langue berbère n'est elle-même que l'état d'une langue encore plus primitive dont seraient issus non seulement le berbère mais
    aussi d'autres langues dites parentes. L'hypothèse d'une langue première qui se différencie en langues distinctes, est à l'origine du concept de familles de langues auquel fait écho celui de parenté génétique des langues.
    Ces notions se sont constituées au 19e siècle avec l'étude des langues indo-européennes qui présentent justement, en dépit de leur diversité et de leur dispersion sur une aire considérable, des similitudes dans le vocabulaire mais surtout dans les structures formelles.
    Le hasard peut rapprocher les langues les plus éloignées mais quand les correspondances sont très nombreuses et surtout régulières, elles cessent d'être le fait du hasard et deviennent les indices de l'existence de rapports historiques entre ces langues

    L'apparentement du berbère
    Des tentatives d'apparentement du berbère à d'autres langues ou groupes de langues ont été faites dés la fin du 18e siècle. On l'a ainsi rapproché du phénicien, de l'arabe et du sémitique en général, de l'égyptien, de langues africaines, du basque et de l'indo-européen.
    La plupart de ces apparentements sont souvent sous-tendus par des considérations idéologiques : il s'agit le plus souvent de rattacher les Berbères à des cultures et à des civilisations exogènes, orientales ou occidentales, pour justifier, à certaines époques, leur colonisation...
    On citera les théories fumeuses (qui n'ont plus cours aujourd'hui) d'un commandant Rinn qui, au 19e siècle, s'est appuyé sur les ressemblances phonétiques entre des noms de lieu berbères et des noms de lieu indiens, a fait provenir les tribus berbères de... l'Inde : ainsi les populations de Batna viendraient de Patna, ceux de Béjaïa descendraient du peuple de Béja etc...
    A la même époque, le docteur Bertholon rapprochait des mots berbères (et même des mots arabes empruntés en berbère) pour donner à la langue berbère une origine européenne !
    Certains auteurs arabophones ne font pas mieux aujourd'hui, en rapprochant des mots berbères avec des mots arabes qui leur ressemblent pour soutenir l'origine arabe de la langue berbère !
    On oublie que des mots relevant de langues différentes peuvent se ressembler sans qu'il y ait de rapports génétiques entre les langues en question, des mots peuvent aussi être empruntés et être intégrés dans la langue réceptrice au point où on les reconnaît difficilement.
    Il faut dans ce cas parler, non plus de parenté linguistique mais de contact entre les langues.

    Le berbère et les langues en contact
    Même si le berbère n'occupe plus aujourd'hui un espace continu et homogène, en raison des aires d'arabophonie qui le traversent, la répartition de ses locuteurs montre qu'il s'étendait, autrefois, sur une grande aire, qui englobait la totalité des pays du Maghreb et s'étendait, à l'est jusqu'en Egypte et, au sud, jusqu'aux confins du Sahara, atteignant la Haute Volta et le Nigéria. Le berbère a été ainsi en contact avec les langues africaines et l'égyptien ancien.
    On sait que les Pharaons d'Egypte ont eu maille à partir avec les Berbères, appelés Lebu, et que ces derniers sont parvenus, à certaines époques, à régner sur le pays (voir F. Colin, 1996). Les Berbères ont eu aussi, à cause des vicissitudes de l'histoire, à cohabiter avec d'autres peuples et d'autres langues.
    Les Phéniciens, peuple sémitique, s'étaient établis au Maghreb, au 9e siècle avant J.-C, exerçant une influence culturelle non seulement sur les Berbères mais aussi sur les autres peuples du Bassin méditerranéen. Les contacts avec les Européens remontent à la Grèce antique mais c'est Rome qui a dominé le Maghreb pendant plusieurs siècles, imposant sa langue et sa culture. C'est Rome également qui a détruit Carthage et effacé sa langue, mais un autre peuple sémitique, les Arabes, l'ont chassée à son tour, et ont établi leur domination sur le pays et y ont répandu l'usage de leur langue.
    Le flux continu des conquérants et les contacts prolongés entre les peuples et les civilisations ont dû provoquer des brassages de population mais aussi des interférences culturelles et linguistiques.
    C'est ainsi qu'on relève aujourd'hui de nombreux mots phéniciens ou plutôt puniques, latins et arabes en berbère. Si la plupart des emprunts arabes sont reconnaissables, beaucoup d'emprunts anciens ne le sont pas.
    C'est le cas des mots puniques, en grande partie recouverts par l'emprunt arabe, ainsi que des mots égyptiens qui doivent remonter à une période reculée. Et puis, les mots étrangers sont parfois si bien intégrés dans la langue que le seul critère d'identification reste alors celui d'une influence culturelle au demeurant incertaine.
    C'est sur la foi d'emprunts grecs et latins ou parfois seulement de la ressemblance de mots berbères avec des mots grecs et latins qu'on a postulé, autrefois, l'appartenance du berbère à la famille indo-européenne.
    Si les théories fumeuses d'un Bertholon d'un commandant Rinn n'ont plus cours de nos jours, des rapprochements entre le berbère et des langues comme le latin, le celtique, l'irlandais sont faits aujourd'hui.
    Ici, il est surtout question de substrats, de fonds communs à des langues qui ne sont pas apparentées ou alors qui le sont dans le cadre de regroupements plus larges comme le nostratique, supposé être l'ancêtre commun de l'indo-européen et du chamitosémitique, dont lequel on classe maintenant depuis plusieurs décennies maintenant le berbère.
    On sait depuis longtemps que des langues africaines comme le haoussa ou le songhay ont exercé des influences sur certains dialectes berbères comme le touareg qui est en leur contact.
    Des études récentes ont également montré des similitudes lexicales importantes entre le berbère et les langues nubiennes, parlées dans la vallée du Nil, entre Assouan et Khartoum et classées dans la famille nilo-saharienne. Ici aussi, il s'agit de similitudes, d'interférences et non d'un apparentement.
    Les ressemblances lexicales entre deux langues ne doivent pas faire illusion même quand il s'agit de termes usuels communs.
    En l'absence de correspondances phonétiques et morphologiques, à la fois suffisantes et régulières, il est préalable de parler d'emprunts, de contacts ou encore, bien que le terme ne soit pas élégant, de contamination.



    Les origines d'une langue (2)



    Selon l'hypothèse la plus courante aujourd'hui, le berbère fait partie des langues chamito-sémitiques. Contrairement aux hypothèses anciennes, celle-ci s'appuie sur des ressemblances à la fois nombreuses par rapport à ces anciennes langues.

    L'hypothèse chamito-sémitique La classification du berbère dans la famille chamito-sémitique est ancienne puisqu'elle a été proposée dès 1844 par T. N. Newman, mais il faut attendre la fin du XIXe siècle pour voir le berbère définitivement intégré dans le groupe (travaux de Zimmerman, Noldeke, Brockelmann..)
    En 1924, le Français, Marcle Cohen affirme, I'unité de la famille chamito-sémitique et la subdivise en quatre groupes distincts :
    - le sémitique, avec des langues, aujourd'hui éteintes, comme l'ougantique, le phénicien, l'hébreu ancien, le sabéen, ou vivantes, comme l'hébreu, l'arabe, l'éthiopien
    - I'égyptien, disparu dans l'antiquité mais survivant dans le copte, la langue liturgique des chrétiens d'Egypte
    - le libyco-berbère, représenté par le libyque dans l'Antiquité, et aujourd'hui, dans les dialectes berbères, comme le kabyle, le chleuh ou le touareg; on intègre aussi dans le berbère, le guanche, la langue des îles Canaries dont la population a été exterminée par les coIons espagnols.
    - le couchitique, représenté par les langues de la Corne de l'Afrique.
    On ajoute à ces groupes, un cinquième groupe, le tchadique, d'abord aux contours mal connus, mais aujourd'hui pris en charge dans les comparaisons L'hypothèse de l'origine chamito-sémitique du berbère est aujourd'hui admise par les chercheurs, à l'exception de ceux qui préfèrent l'apparenter directement à des langues précises (sémitiques, basque) ou de ceux qui, sans remettre en cause l'appartenance chamito-sémitique, préfèrent élargir la famille à d'autres aires linguistiques et proposent de nouveaux regroupements, comme celui des langues euro-sahariennes (H.G. Mukarovsky, 1981) ou des langues méditerranéennes (H. Stumfohl, 1983) .

    Le fait que deux langues désignent de la même façon les mêmes référants peut être l'indice d'un apparentement. Ainsi, le français raide et l'italien rigido ( latin regidos), l'hébreu et l'arabe baraq «éclair» , le kabyle et le chleuh argaz «homme» .
    Mais des ressemblances peuvent se produire entre les langues qui ne sont pas nécessairement apparentées : ainsi le berbère argaz et l'italien raggazo, le kabyle eçç et l'anglais each «manger», le targui aleo et le latin olea «olive, huile» etc

    Dire que le berbère fait partie des langues chamito-sémitiques ne signifie pas qu'il est une langue sémitique, encore moins qu'il descend de l'une de ces langues (comme le sabéen ou l'arabe) : cela signifie seulement qu'il partage avec ces langues un passé linguistique, passé qui transparaît encore, quand on fait des comparaisons, avec les structures et le vocabulaire de ces langues.

    Contact et apparentement
    On sait depuis Ferdinand de Saussure qu'il n'y a pas de rapport entre le nom et la chose que ce même nom dénomme, autrement dit, il n'y a pas de rapport naturel entre l'objet et son nom : la preuve c'est que dans d'autres langues, I'objet est appelé différemment.
    C'est le fameux principe de l'arbitraire linguistique. La seule exception à cette règle est celle des onomatopées ou mots qui reproduisent les bruits de la nature et encore, les mots ne reproduisent pas fidèlement les bruits. Chaque langue utilise les sons dont elle dispose pour le faire .
    Le fait que deux langues désignent de la même façon les mêmes référants peut être l'indice d'un apparentement. Ainsi, le français raide et l'italien rigido ( latin regidos), l'hébreu et l'arabe baraq «éclair» , le kabyle et le chleuh argaz «homme» .
    Mais des ressemblances peuvent se produire entre les langues qui ne sont pas nécessairement apparentées : ainsi le berbère argaz et l'italien raggazo, le kabyle eçç et l'anglais each «manger», le touareg aleo et le latin olea «olive, huile» etc.
    Dans ces cas, il faut parler soit d'emprunts, soit de ressemblances fortuites, soit encore de mots voyageurs, c'est-à-dire d'un vocabulaire circulant dans une aire linguistique sans qu'on puisse déterminer avec exactitude l'origine des mots. Dans le cas de l'apparentement génétique entre deux ou plusieurs langues, le nombre de mots se ressemblant est en nombre élevé mais surtout les correspondances sont plus régulières. Ainsi, ce n'est pas un hasard si, dans les langues chamito-sémitiques, dans lesquelles on classe le berbère, les mots qui désignent les idées de clarté et de lumière, se ressemblent fortement. sémitique akkadien: (w) apû (m) «être ou devenir visible, clair». cûpû «rendre brillant»
    ougaritique : ype «apparaître»
    amorite : ypx, hébreu hopwe "faire briller, rayonner, être cIair"
    couchitique saho : ifo "lumière", somali : if "jour, lumière du jour"
    berbère kabyle tafat «lumière», asafu «flambeau» rifain tafawt «lumière» , néfousi : asf «jour» etc.
    Les ressemblances sont encore plus frappantes quand on se penche sur l'organisation des systèmes morphologiques. Ainsi, par exemple, dans la conjugaison, les affixes qui servent à donner les deux formes du verbe, accompli et inaccompli, les indices de personne, les suff¦xes qui marquent le régime du verbe (direct ou indirect) sont, à quelques détails près, les mêmes dans l'ensemble du chamito-sémitique.
    Sémitique (akkadien) :
    singulier . -1re personne : ya / -i, 2e -k (a), fém. -k (i), 3e -s (u), fém. -s (a) pluriel : 1re personne, -ni, 2e -kun(n), fém.-kin (a), 3e -sun (u) fém.-sun (a)
    égyptien :
    singulier : -1re personne : y, 2e -k, fém. ç-, 3e -f, fém. -s
    pluriel : 1re personne :-,n-, 2e -çn, fém. çn-, 3e -çn, - fém. -çn
    berbère :
    singulier : 1re personne : -i/-n, 2e -ke, fém.-m/-km, 3e -s/-t
    pluriel 1re personne :, -negh, 2e -wen, fém. kent-, 3e -sen, -fém. -sent
    couchitique (béja) :
    singulier : 1re personne : n, 2e -n-k, fém.u-ki-, 3e u-s, fém.
    pluriel : 1re personne: u, 2e -n-k, fém. ukn-, 3e -usn,- fém. -usn
    On ne peut invoquer ici le hasard pour justifier les ressemblances. En effet, rien n'explique que le système des oppositions du berbère 1re p. du sg. : -i/-w /1re p. du pl. negh soit identique à celui du sémitique ya/-i /ni ou à celui de l'égyptien -y/-n. Rien n'explique non plus que la marque de la 2e p. des langues citées comporte, au masculin comme au féminin, au singulier comme au pluriel, I'élément formateur-k.
    Il ne peut s'agir, pour expliquer ces similitudes, que d'un apparentement, du moins d'une origine commune du système.
    Le principe de la régularité des ressemblances signifie que différents éléments se correspondent de façon régulière dans toutes les séries de mots envisagés. Cela signifie que si un son est conservé dans un mot, il est également conservé dans tous les mots où il apparaît et dans les mêmes conditions. Pour citer de nouveau le chamito-sémitique, en comparant d'une part l'hébreu pah'd «cuisse», I'arabe faxd, ms., le berbère afud «genou» et d'autre part l'hébreu psy «se répandre», I'égyptien pcc, ms., I'arabe fcw "se propager" et le berbère fsu «disséminer», on peut relever une correspondance régulière : p hébreu et égyptien = f arabe et berbère.
    Les correspondances s'exercent en vertu d'un principe dit de constance des lois phonétiques que l'on utilise pour établir la classification des familles de langues.
    Le principe de la régularité des correspondances phonétiques peut également se vérifier à l'intérieur d'une même langue qui s'est diversifiée en dialectes, parfois éloignés les uns des autres. Ainsi, une grande partie des h qui apparaissent dans le vocabulaire du targui de l'Ahaggar correspondent à z dans les autres dialectes, au g des dialectes occidentaux, correspondent régulièrement des dj en mozabite et en targui, aux I du berbère commun correspondent des r en rifain etc.
    Dans les travaux sur le chamito-sémitique, les recherches ont surtout porté sur la morphologie qui est, il est vrai, le domaine où les correspondances entre les langues sont les plus frappantes. Le lexique, lui, a suscité peu d'études et depuis l'Essai comparatif sur le vocabulaire et la phonétique du chamito-sémitique de M. Cohen (1947) , il n' y a pas eu d'ouvrage sur le sujet.
    Des articles sont signalés périodiquement, mais pas d'ouvrage général, encore moins, comme en indo-européen, de dictionnaire de racines.
    C'est que le vocabulaire est plus vaste que les règles de la morphologie ou de la syntaxe et que l'évolution peut masquer de façon à les rendre imperceptibles les similitudes.

    Les origines d'une langue (3)



    Dans l'apparentement du berbère, il faut tenir compte des emprunts ainsi que des mots voyageurs, termes relevés dans des aires linguistiques variées et parfois éloignées, sans que l'on connaisse l'origine exacte de ces mots.

    Il est difficile, en raison de l'absence d'un dictionnaire de chamito-sémitique (comme il en existe, par exemple, en indo-européen), d'évaluer la proportion du vocabulaire commun aux différentes langues du groupe. Pour ce qui est du berbère, on ne dispose même pas d'un dictionnaire de racines berbères qui permettrait d'établir les comparaisons avec les autres branches de la famille. Le seul ouvrage à proposer des données importantes reste l'Essai comparatif de Marcel Cohen, publié il y a plus d'un demi-siècle, mais on peut encore l'exploiter, à condition de corriger certains rapprochements et d'en ajouter d'autres. Dans cette question du vocabulaire chamito-sémitique il faut aussi considérer ce que l'on appelle les mots voyageurs, c'est-à-dire des termes que l'on relève dans des aires linguistiques variées et parfois éloignées, sans que |'0n connaisse l'origine exacte de ces mots. l! y a aussi l'hypothèse que certains mots berbères considérés comme faisant partie du vocabulaire chamito-sémitique soient des emprunts, notamment au sémitique. On peut citer quelques exemples caractéristiques :

    -iles "langue" (sémitique : Icn; égyptien : ns, copte : las)
    -idamen "sang" (sémitique : dm)
    annas "cuivre" (sémitique : hébreu : neh'set, arabe : nah'as
    -isem "nom" (sémitique ism)
    Il peut s'agir de mots effectivement apparentés, d'emprunts ou alors de formations propres à chaque langue et dont la ressemblance est alors due au hasard.

    Les cas douteux et les répétitions retranchés, il reste moins de deux cents rapprochements où les correspondances de formes et de sens semblent établies de façon régulière et qui pourraient donc remonter, avec toutes les réserves qu'une opération de reconstruction impose, à une période de communauté entre le berbère et le chamito-sémitique.
    Le vocabulaire comprend principalement, comme on peut s`y attendre s'agissant d'un fonds ancien, de notions de base : parties du corps, animaux, objets divers, états et actions . Les mois relevés par Cohen ne sont pas toujours les plus répandus en berbère. Certains sont même isolés et n'apparaissent que dans un ou deux dialectes. Mais d'une façon générale, cela ne diminue pas la valeur des rapprochements : ou les autres dialectes n'ont pas gardé les mots en question ou la documentation utilisée est défaillante. Il faut signaler que les sources de M. Cohen se limitent pour le berbère à quelques dialectes, ceux pour lesquels il existait, à l'époque des outils lexicographiques, dictionnaires ou glossaires.
    Voici quelques exemples de rapprochements :

    -afud (berbère) "genou"
    (Sémitique : hébreu : pah'od, arabe : faxd, akkadien : puridu "jambe" égyptien : p 'd, pd "genou", couchitique : somalien ba'uda "hanche, cuisse" )
    -ellegh "lécher"
    (sémitique : hébreu, arabe : Iqq "lécher", hébreu, araméen, arabe : lêk "lécher" ; égyptien : Ikh, cop.: ldjeh "lécher" ; couchitique : agga : langi, bedja : lak, somalien : raq "lécher" Haoussa : lasa, Iase "léche")
    -aman "eau"
    (sémitique : akkadien : mu, hébreu : mayim, arabe : ma'un (ajouter : tayamum "ablutions sèches") égyptien : mw, my "eau (x); couchitique : bedja : yam "eaux", somalien : mah "eau courante") etc...

    Le fonds hamitique en berbère
    Bien que l'expression chamito-sémitique soit une dénomination conventionnelle (les noms qui le composent, Cham et Sem, sont des personnages de la Bible), on a voulu parfois isoler dans l'ensemble, un groupe chamitique ou hamitique, qui formerait une sorte de famille à part et qui s'opposerait ainsi au sémitique. Le berbère figurerait dans ce groupe où on classe également l'égyptien, le couchitique et le tchadique.

    Au 19e siècle déjà, le Français Ernest Renan réservait le nom de chamitique à l'égyptien auquel il rattachait les dialectes non sémitiques de l'Abyssinie et de la Nubie et, avec quelques réserves il est vrai, le berbère.
    Plus tard, c'est un auteur aIlemand, F. Calice qui, après avoir comparé une liste de mots égyptiens avec des mots sémitiques , couchitiques et berbères, conclut que l'égyptien se rapproche le plus du berbère et du couchitique que du sémitique. Calice discute les vues d'un autre auteur, Zylharz, qui soutenait l'idée d'une surimposition du sémitique au fonds égyptien. Pour lui, Zylharz n'a tenu compte, dans son étude, que des textes littéraires qui, effectivement contiennent beaucoup de sémitismes. Il y va autrement quand on envisage les formes dialectales de l'égyptien qui, elles, ont subi d'autres influences.
    M. Cohen qui rend compte de l'ouvrage de Calice conclut : "En forçant à peine les termes de Calice, on pourrait dire que la langue du delta orientaI aurait volontiers préféré les formes sémitisantes, celle du delta occidental les formes berbérisantes, celles de la haute Egypte les formes couchitisantes."

    Il y a quelques années W. Vycichl a de nouveau opposé un hamitique, formé de l'égyptien, du berbère et des langues couchitiques, au sémitique. Le même auteur fait de nouveaux rapprochements lexicaux entre le berbère et l'égyptien mais ceux-ci sont trop peu nombreux (et de plus les termes rapprochés, comme berbère tinelli, égyptien newt, sont attestés en sémitique !) pour justifier une classification à part des deux langues.

    D'ailleurs, dans son lexique chamito-sémitique, M. Cohen ne relève que 10 rapprochements égyptien-berbère et huit berbère-couchitique, en revanche, il y a 30 rapprochements sémitique-égyptien-berbère, 50 sémitique-berbère-couchitique et, pour n'envisager que le sémitique et l'égyptien, 100, ce qui est la plus forte proportion des rapprochements de la liste

    Le fonds hamitique en berbère est bien maigre : une vingtaine de mots à peine, mais il est vrai que les recherches dans ce domaine ne sont pas très développées et que des études plus poussées pourraient révéler d'autres similitudes.

    Le fonds méditerranéen en berbère
    On utilise parfois les expressions vocabulaire pré-méditerranéen, vocabulaire circuméditeranéen et substrat méditerranéen, pour postuler l'existence d'un fonds lexical commun aux langues méditerranéennes (on y ajoute parfois celles du Sahara et de l'Afrique sahélienne), indépendamment de la classification de ces langues en familles. En fait, il s'agit de dénominations vagues qui ne précisent ni l'importance de ce vocabulaire ni ses limites. Le plus souvent on se contente d'y ranger des mots isolés, que |'on retrouve dans plusieurs langues sans que l'on puisse déterminer s'il s'agit de mots
    empruntés par les autres à une langue de la région ou d'un vocabulaire commun, reste d'une période de communauté de ces langues.

    On a cru reconnaître, en berbère, un certain nombre de mots méditerranéens que des auteurs ont rapporté, parfois au punique ou au latin; ainsi:

    -asaku (kabyle) "grand sac" , rapporté au latin saccum mais attesté en hébreu : saqq, en akkadien suqqum "sac, grosse toile"

    -aghanim (kabyle, chleuh etc.) "roseau", rapporté au punique qanim "roseau", attesté en latin : cana "roseau"

    -tasaft (kabyle, chaoui etc.) "chêne", latin sapinus, arabe safina et hébreu sapinah " embarcation", hispanique çapar, çapirro "chêne" etc.

    Il faut sans doute ajouter les nombreux noms de plantes traditionnellement rapprochés au latin. Nous pensons principalement au nom du poirier, ifires, généralement rapporté au latin pirus, mais que les dictionnaires étymologiques du latin mentionnent comme d'origine inconnue.

    Vers une classification plus large du berbère
    Dés la fin des années خ950, plutôt que d'enfermer le berbère dans le chamito-sémitique qui ne tient compte que des langues du Moyen-Orient et d'une partie de l'Afrique (nord, Sahel et Corne de l'Afrique) des chercheurs ont proposé de l'intégrer dans un ensemble plus vaste. C'est ainsi qu'en 1949, le linguiste américain, Joseph Greenberg, étudiant les langues du continent africain, propose pour celles-ci une classification en quatre familles : le khoïsan, le nilo-saharien, le niger-congo-kordofanien et l'afro-asiatique dans laquelle se trouve le berbère, toutes issues d'une même langue primitique. La famille afro-asiatique est elle même divisée en six branches : l'omotique (par référence aux langues de la vallée de l'Omo, en Ethiopie), le couchitique, le tchadien, l'égyptien, le berbère et le sémitique. L'omotique serait la branche la plus ancienne, le berbère, l'égyptien et le sémitique les plus récentes, ce qui explique sans doute que le berbère présente plus de ressemblance avec l'égyptien et le sémitique qu'avec les langues éthiopiennes. Des travaux sur la famille afro-asiatique sont en cours. Les résultats qu'on va obtenir à l'avenir vont changer probablement l'idée que l'on se fait de l'apparentement du berbère, mais on peut déjà affirmer sans risque de se tromper que le berbère fait partie de la grande famille des langue africaines à laquelle sont associées des langues d'Asie.









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